L’autoédition : le prix invisible payé par une autrice indépendante

La semaine dernière, je vous expliquais le travail invisible de l’auteur indépendant que je suis…

Aujourd’hui, je vous raconte la place de l’autoédition dans ma vie.

Quand je vivais en campagne, je recueillais les animaux maltraités ou abandonnés.

J’ai ainsi eu 17 bestioles différentes à la fois dont 1 chèvre élevée au biberon entre le radiateur et le canapé de ma maison !

Je passais un temps fou à nourrir et soigner ce petit monde que je n’avais pas demandé, et dont je ne savais parfois pas grand chose ! J’ai même sauvé des colombes ignoblement lâchées par des gens lassés de s’en occuper, blessées, perdues, dans un quartier où les chats sont rois…

Vous êtes convaincus que j’ai un grand cœur ?

Ou plutôt que je suis un peu dingue, peut-être ?

Si je vous explique ceci c’est pour vous démontrer que je suis la même dans tout ce que j’entreprends

j’évolue de manière chaotique et organisée à la fois.

Quitte à prendre des risques… (Comme pour mon excursion en Hollande !)

Mais à quel prix !

Écrire, pour moi, ce n’est même pas une passion,

c’est une porte de sortie, une reconversion professionnelle nécessaire…

Je n’écris pas pour exister,

mais simplement pour distraire,

pour donner le goût à la lecture à ceux qui en ont été dégoûtés.

Parce qu’il n’y a pas plus chouette que de visualiser soi-même les éléments d’une histoire…

En tout cas, ce n’est pas vital pour moi.

Alors j’en viens à régulièrement remettre mes choix en question…

Parce que l’autoédition, c’est difficile.

Que dis-je ?

C’est dur !

Chronophage, épuisant de réflexion et de stress…

Parce que quand on joue sa vie professionnelle, on se met évidemment la pression.

Et ça ne s’arrête jamais !

Il faut toujours rester attentif et se renouveler.

Mais pour y arriver, il fallait que moi, j’y croie.

Et pour cela, j’ai créé des « preuves » qui me convaincraient

comme une adresse mail, pour commencer,

puis un site

et des canaux de communications,…


Et puis ma sensibilité est constamment sollicitée.

Hypersensible et hyperémotive, je vis tout très fort…

Et heureusement, les hauts compensent merveilleusement les bas :

les échanges,

le rêve éveillé pendant le processus créatif,

les apprentissages,

les retours des lecteurs aussi,…

Selon mes textes, les directions que prennent mes personnages et mes univers,

je passe du rire aux larmes,

de l’angoisse à l’exaltation…

Mes émotions sont mises à rude épreuve…

Si vous saviez toutes les aventures que je peux vivre dans une journée !

Et dire qu’avant tout cela,

je n’avais pas conscience de la puissance de mon imagination !


Je fais aussi, comme beaucoup, face au syndrome de l’imposteur.

C’est compliqué de se présenter en tant qu’auteure,

de voir son travail avec bienveillance,

quand on n’est pas très sûr de son talent…


En plus, je m’impatiente régulièrement de ne pas avoir de résultats immédiats.

Je pense toujours aux jardiniers ou cultivateurs qui plantent des graines

et attendent de voir le résultat quelques semaines ou mois plus tard !

Comment font-ils ?!


Je me demande parfois si tout cela vaut le coup…

Est-ce que je vais finalement arriver à faire connaître mes histoires, qui sont, sans me vanter, parfois bien meilleures que celles que je trouve en tête de gondole dans les rayonnages ?

Est-ce que je perds mon temps ?

Est-ce que tout ceci n’est qu’une illusion dans laquelle je me complais ?

C’est tellement merveilleux de vivre ses propres scenarios !

Est-ce que je ne prends pas un certain plaisir à pousser mes limites encore et encore ?

À créer ?

À essayer ?

À apprendre ?

À faire de nouvelles rencontres ?


C’est mon caractère le coupable ! Et autant dire que je suis épuisée

Comme disent les jeunes « JPP » de moi ! (J’en Peux Plus*)

Je m’épuise moi-même !

Et je ne vous parle pas du corps,

qui subit toutes les tensions,

les nuits hachées,

le cerveau qui se met parfois en pause

et me fait oublier des trucs plus ou moins importants…

Malgré tout cela, je m’accroche,

et je passe du coq à l’âne (ou de la biquette à la colombe) !

Mais je fonce.

De tout mon cœur.

Je sais maintenant que je pense en textures, en couleurs, en émotions…

Et que je dois parfois faire un effort afin de traduire tout cela…

Parfois, mes idées filent et m’échappent,

et je me laisse emporter avant d’en perdre la trace…

Que je retrouve généralement plus tard quand j’arrive enfin à m’y reconnecter !

Parce que mon esprit part souvent dans tous les sens !

Parce qu’il n’est pas besoin de se voiler la face :

un auteur pense écriture même quand il n’écrit pas !

Le cerveau ne s’éteint jamais vraiment…

Et puis ne croyez pas devenir riche !

Enfin, j’imagine que ça peut arriver…

Mais il existe un énorme fossé entre mon investissement et ma rémunération !

Je travaille pour moi.

La patronne est un tyran

et me prend pour son esclave !


Et pire encore…

Ma vie perso est en pause,

faite de sacrifices,

mise entre parenthèses

pour évoluer dans ce domaine.

Je prends du temps pour mes enfants,

ma seule famille,

parce qu’ils sont réels

et qu’ils restent ma priorité.

J’aime les voir grandir, leur apprendre (encore) des choses et découvrir les beaux humains qu’ils deviennent…

Mais je n’ai plus de temps pour moi.

Je prends plaisir à profiter de petits moments de cocooning ou de soins du corps,

mais je ne sors plus beaucoup.

Alors je me sens parfois seule,

pas toujours comprise.

On n’apprend pas toujours à s’entourer

lorsqu’on a surtout l’habitude de donner.

Je n’ai jamais vraiment su choisir mes refuges…

Et même très entourée,

il m’est arrivé de me sentir en marge.

La justesse dans le don, compte autant que la générosité.

C’est nul hein ?! ^^

Et c’est encore plus le cas aujourd’hui.

En même temps, comment faire face

aux phrases maladroites,

aux critiques de ceux qui ne connaissent rien à ce domaine ?

Être crédible auprès de ceux

qu’on imagine plutôt nous soutenir… ?

Les convaincre ?

Leur donner l’envie de croire en nous

et de diffuser notre travail

alors qu’on les pensais déjà acquis à notre cause ?

De même, il est difficile parfois

de devoir se justifier auprès de

« ceux qui connaissent »,

qui sont parfois les plus durs !

De plus, je n’ai pas de vie de couple.

Pas prête ?

Pas le temps ?

Pas l’envie ?

Pas assez sereine ?

J’ai dû faire sans lorsque j’ai commencé l’écriture…

Mais aujourd’hui…

J’ai peur que toutes ces questions soient un peu vraies…

Et je pense alors à la chanson de Jean-Jacques Goldman :

« Elle met du vieux pain sur son balcon… »

Est-ce que je ne serais pas, moi aussi,

en train de vivre ma vie par procuration ?

Cette vie est peut-être plus douce que la réalité…

Pourtant, ça me manque…

Ainsi, en payant le prix du sacrifice de ma vie privée,

j’ai créé mon propre univers,

ma propre voix.

Et ils sont très identifiables.

Mes livres ont des points communs,

un style,

une plume commune…

Ils me ressemblent…

Si j’avais un conseil à vous donner

avant de vous lancer en tant qu’auto-entrepreneur ?

Demandez-vous quels sacrifices vous êtes prêts à faire.

Puis, un second conseil :

quel que soit votre domaine,

travaillez fort,

donnez-vous à fond pour vos objectifs…

Il existe autant de méthodes que d’acteurs.

Et à force d’étudier,

de tenter,

de toujours faire de son mieux

et de placer la barre haut…

On ne peut que réussir, non ?!

Merci encore à vous,

même si vous constituez

la plus discrète et timide des communautés !


J’avance chaque jour…

Et je ne suis jamais allée aussi loin qu’aujourd’hui


Je suis à ma place,

et j’y reste !

Au moins encore un an ! ^^

à jeudi !

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2 réponses à « L’autoédition : le prix invisible payé par une autrice indépendante »

  1. […] L’écriture me prend trop d’énergie, et surtout trop de temps pour que je puisse me permettre d’occuper un autre emploi, même à temps partiel. […]

  2. […] L’autoédition (le prix payé) […]

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Je suis

Gwenn A. Elle
Gwenn A. ELLE auteure

Auteure de thrillers psychologiques et romans sensibles. 11 livres publiés, une plume qui ne vous laissera pas indifférent.

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