Pèire Cazals, alias Eros Walker, est un héritier des maîtres du roman noir américain. Dans « On the road again ou Méfiez-vous des blondes », il ne vous conte pas une histoire, il vous embarque côté passager pour une cavale où le danger a parfois le visage d’une blonde et le son d’un vieux vinyle.
Alors installez-vous dans un fauteuil en cuir usé, un verre de bourbon à la main, ou grimpez dans sa Cadillac, attachez votre ceinture, et laissez l’auteur vous enivrer.
J’ai découvert Pèire Cazals, que j’appelle encore Eros Walker, sur monBestSeller. J’étais fière de découvrir, comme une grande, que les deux identités appartenaient au même auteur, simplement en reconnaissant sa plume ! C’était pourtant un secret de polichinelle ! Et avec le recul, j’ai été un peu déçue de n’avoir qu’un auteur « fan » à me suivre, au lieu de deux ! Le pire c’est que j’ai échangé plusieurs commentaires avec eux avant de découvrir le poteau rose (oui, je sais, le « pot aux roses », mais c’est fait exprès !)
Une plume à l’américaine
« On the road again ou Méfiez-vous des blondes », roman de Pèire Cazals, qui réédite progressivement ceux de son alter ego Eros Walker, est un véritable hommage au roman noir américain.
Son style est plutôt nerveux. Il ne s’embarrasse pas du superflu… Il a un grain ! Pardon ! Il a « du grain », comme sur les vieilles photos sépia !
Imprégné des années 50/60 avec les motels miteux, les serveuses de diners, les voitures de légende et, bien sûr, la mythique Route 66, « On the road again » est un road trip littéraire où chaque chapitre résonne comme une note de jazz dans le vieil Hollywood.
Mais attention : l’auteur nous indique que tout se déroule de nos jours dans cet espace, où le temps semble s’être arrêté.
« On the road again ou Méfiez-vous des blondes » : l’intrigue
Le sous-titre « Méfiez-vous des blondes » donne tout de suite le ton : attention aux femmes fatales ! (Mais pourquoi Pèire ?! Les brunes ou les rousses sont-elles plus dignes de confiance ?)
Bon, les femmes sont souvent cruches, ou tentent de le faire croire (« Méfiez-vous… »), tandis que le héros est viril et sexy. Les scènes de sexe sont récurrentes, donnant à cette histoire un souffle de légèreté, l’idée d’un besoin, sinon animal, de recherche de proximité humaine entre des personnages somme toute solitaires.
Mais ce n’est pas une romance (Eros se fâcherait si j’affirmais le contraire !). C’est un polar noir dont l’intrigue démarre par un incident banal qui fait basculer le quotidien de son protagoniste dans une cavale haletante. Il se déroule dans l’Amérique des grands espaces et des motels isolés, aux abords de la route 66 où, souvent, ceux qui ont décidé de « rouler » cherchent à fuir quelque chose…
Et le personnage principal, avec son flegme et ses failles, semble tout droit sorti d’un film.
L’invitation au voyage par l’expérience sensorielle
Il y a des textes dont on ne lit pas seulement les mots, mais dont on respire l’odeur, dont on entend les sons, les voix, les musiques… « On the road again » est de ceux-là.
Lorsque j’ai commencé le roman, j’ai d’emblée pris la voix rocailleuse de Yves Rénier, le flic de « Commissaire Moulin » ! Ouille ! Ça ne me rajeunit pas ! Mais si, par un pur hasard (parce que vous être jeune, par exemple), vous n’avez pas connu la série policière, et que ça ne vous dit rien, je vous invite à la retrouver ici :
Cette voix, profonde et magnétique m’a accompagnée tout au long du roman ! C’était extraordinaire !
Vérifiez par vous même avec la quatrième de couverture :
C’est à la station Arco que les ennuis ont commencé. Si j’avais fait trois cents mètres de plus, pour aller chez Eddie, tout aurait été différent, mais je me suis arrêté chez Arco. Après avoir fait le plein, je suis allé payer à la boutique, j’aurais pu utiliser ma carte de crédit, mais j’avais encore du cash plein les poches. La fille était un peu à l’écart, en train de siroter un Dr Pepper. Je ne pouvais pas la manquer. Une fille comme ça, on ne peut pas la manquer. Pendant que je payais mon carburant, elle s’est approchée et au moment où je me retournais pour sortir, elle m’a demandé où j’allais.
Et pour couronner le tout, Pèire Cazals indique, tout au long de son histoire, la musique qui accompagne le héros dans ses aventures ! Autant vous dire qu’en tant que fan de rock et de blues, j’ai été conquise ! Je m’arrêtais dans ma lecture pour chercher les morceaux et les passer tout en lisant la suite ! Et j’entendais presque le crépitement des vieux vinyles et, parfois, le vrombissement d’un moteur de moto sur l’asphalte brûlant !
J’ajouterais que l’atmosphère prime sur la psychologie, et privilégie l’action, le rythme et l’immersion. Parce que lire« On the road again » a été, pour moi, une véritable expérience cinématographique et sensorielle avec ses images et sa bande son !
Et si vous n’êtes pas convaincu, demandez son avis à Ange Ségafredi (qui n’a rien d’un ange non plus !), un autre des personnages de l’auteur, que l’on retrouve dans plusieurs de ses ouvrages.
Mais attention : Pèire Cazals maîtrise d’autres univers, d’autres secrets que je vous laisse découvrir…
Quant à trouver un lien avec mes propres histoires… C’est à vous de chercher !
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