Dans cette série sur mes lectures d’enfance, je vous raconte aujourd’hui mes premières lectures autonomes de pré-ado : Bibliothèque rose, Club des Cinq, Comtesse de Ségur, BD…
Bonjour mes très chers Conseillers !
Il y a quelque chose d’exceptionnel dans le souvenir du premier livre qu’on a terminé seul. Pas celui qui a été lu à voix haute par un adulte, ni suivi en images. Il a d’ailleurs fallu faire le deuil des illustrations en se disant prêt à se lancer ! En général, du moins. Et ensuite, on se force à tenir jusqu’au bout. Rien que pour avoir la fierté de dire qu’on l’a terminé. Parce qu’on est grand maintenant !
Il n’y avait donc, pour celui là, que les mots, rien que les mots, et moi.
C’était un livre de la Bibliothèque rose.
Mili-Mali-Malou, la toute petite fille anglaise, Émilienne-Madeleine-Marie-Louise, avec sa petite-amie-Suzanne. J’ai dû vérifier les prénoms parce que si, à l’époque, je m’amusais de les retenir, comme la tante bretonne, les gâteaux bateaux, et je ne sais plus qui ! Je les ai depuis, oubliés !

J’étais donc fière d’être arrivée au bout, mais franchement, j’avais l’impression d’avoir déjà passé l’âge de ces histoires…
Je me suis donc attaquée aux Club des Cinq d’Enid Blyton.
Là, je ne lisais plus, je dévorais. Et je découvrais alors que la littérature avait également le pouvoir d’inquiéter !

Les braderies de ma ville devenaient des expéditions. Je revenais avec des piles de livres, souvent tout abîmés, aux coins cornés, aux pages jaunies, aux couvertures gribouillées ou arrachées… Et je me demande encore comment j’ai réussi à les porter jusqu’à notre appartement du 4e étage !
Je découvrais aussi mes premiers albums Disney
avec des contes romantiques et inquiétants qui finissaient toujours dans le bonheur… J’aimais beaucoup le côté juste, plein de morale, qui les accompagnait.

J’ai aussi découvert deux héroïnes
que j’avais d’abord croisées en films et en dessin animé : Sissi Impératrice et Princesse Sarah. Retrouver leur histoire entre les pages d’un livre, c’était comme les connaître en vrai !




Puis il y a eu la Bibliothèque verte…
Et un jour, un cadeau d’une tante éloignée :
Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl. Ce livre-là, m’a enchantée. Un monde tellement original, tellement impossible et pourtant si ancré dans le réel. J’ai compris alors que l’imagination n’avait aucune limite. Que les livres pouvaient vous emmener dans des contrées qui n’appartenaient qu’à leur auteur.

À l’école,
j’ai découvert les Sans-Atout de Boileau et Narcejac avec François, alias Sans-Atout, et « Le fantôme de Canterville » de Oscar Wilde… Et je me suis lancée sur « Le tableau se met à table » qui présentait Alfred Hitchcok.



Et puis j’ai reçu Hans mon hérisson
et d’autres contes des frères Grimm, en cadeau de fin d’année de mon instituteur vieille France, qui faisait encore, à la fin des années 80, des bonnets d’âne aux élèves les moins bons, même s’ils avaient pour excuse de parler une autre langue maternelle que la nôtre…

Ces histoires des Grimm étaient souvent terribles, vraiment. Ils remettaient en question les versions Disney que je connaissais ! La lecture pouvait donc serrer le ventre, faire éprouver du dégoût et de l’angoisse, laisser une trace sombre. Certains de ces contes résonnaient en moi d’une façon que je ne savais pas encore nommer, dans lesquels les jeunes (ou petites) filles n’étaient pas toujours protégées, les frontières étaient franchies, et l’innocence blessée. Les héroïnes pouvaient donc exprimer mes propres angoisses.
Et la Comtesse de Ségur…
Elle me donnait envie de devenir une « petite fille modèle » moi-aussi… Et d’avoir un ami comme le cousin Paul, qui défendait toujours l’affreuse Sophie, découpeuse de petits poissons et griffeuse de joues !

Côté magazines, j’avais des abonnements :
Toboggan, Astrapi, Les Belles Histoires… Et ensuite J’aime lire avec Tom-Tom et Nana ! La famille Dubouchon et leurs catastrophes au restaurant « À la Bonne Fourchette ». Aujourd’hui, mes enfants les lisent à leur tour.




Et le mercredi, c’était jour de bibliothèque.
J’empruntais le maximum autorisé en livres et BD. Je revenais avec des Tintin et des Astérix, les bras chargés, le cœur heureux.


Ces années-là, la lecture n’était pas encore un devoir. C’était un plaisir, une échappée, un territoire à explorer, un endroit entre les livres et moi.
La suite la semaine prochaine…
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