L’érotisme par une pudibonde romantique : mes débuts d’auteure !

L’érotisme d’après une pudibonde romantique !

Publié le 10.12.2023

« Avec ton imagination et ton aptitude à écrire, tu devrais prendre la plume » , m’a-t-on dit. C’était bien gentil, mais à l’époque, le monde de l’édition m’était inconnu et me semblait inaccessible. Je vous parle d’un temps… Où il n’y avait pas Internet.

J’ai toujours été romantique, fleur bleue… Ou Cul-cul la praline si vous préférez. J’ai fait des (courtes) études littéraires et j’ai aimé les classiques, puis les romans d’amour, l’horreur et le suspense, la science-fiction et la fantasy. Mais si j’admirais les styles, je me sentais moi-même incapable de réaliser ces prouesses.

Et puis je n’avais rien à proposer… On m’a suggéré d’écrire des histoires « de cape et d’épée, mais surtout d’épée » ! J’ai vite compris qu’on ne me parlait pas de Zorro, mais d’érotisme !

Je cherchai dans la bibliothèque maternelle, et trouvai quelques bouquins… Beaucoup de poésie, mais j’aime la lecture détente et la poésie est, pour moi, un exercice de lecture.

Alors j’ai feuilleté quelques livres dans les librairies… Mais je n’aimais pas la façon dont les scènes étaient rédigées. Je ne m’y retrouvais pas. J’ai alors eu l’envie d’essayer, avant de tomber sur un livre qui m’intéresserait et qui risquerait de me couper dans mon élan de création ! Alors je me lançai. Cela m’amusait. Je l’avais pris comme un défi. J’ai donc commencé à créer mes propres histoires. Je pensais pouvoir convaincre mes amis que la lecture était plus passionnante que les films, que les mots valaient mieux que les images, que la délicatesse était plus excitante que la vulgarité. Mais mes amis n’étaient pas tellement lecteurs !

Le temps a passé. Je n’écrivais plus. Et puis en septembre (2023) j’ai retrouvé mes premiers textes. Ils n’étaient pas très aboutis, mais mes (très peu nombreux) lecteurs m’affirmaient que c’était un bon début. Alors je les ai réécrits.

J’avais déjà choisi le thème. Je me renseignai sur les fantasmes les plus répandus, et mon imagination commença à travailler. Puis, je me lançai, les mots s’enchaînèrent, et je découvris le résultat.

J’ai appris de mes difficultés…

Au fur et à mesure que les années ont défilé, j’ai compris des tas de choses : nous sommes tous différents, chacun a sa sensibilité qui lui est propre, chacun a ses fantasmes, etc.

Mais moi, je suis restée la même, à chercher la beauté, la douceur et les sentiments partout… Je suis une hypersensible hyper-émotive indécrottablement romantique ! J’essaie d’amener de belles choses à partir de situations qui me dérangent. Et j’ai toujours des difficultés avec certains mots, à l’image de mon correcteur de téléphone. Pour lui, cul devient coup, bite est boîte, nichon est nichoir, couille est coquille !

C’est amusant d’ailleurs comme le sexe (qui me semble être un sujet tout à fait sérieux et important) est toujours prétexte à rire. Les blagues graveleuses ne manquent pas ! Et, d’ailleurs, quand j’ai recommencé à écrire, je n’arrêtais pas de voir et d’entendre des jeux de mots dans les livres, conversations, … Tout devenait tordu ! Et drôle ! Le sexe est certes sérieux, mais on peut le dédramatiser !

Une autre difficulté pour moi est de nommer mes personnages. Je n’aime pas cela. Et c’est tout un exercice de tourner les phrases de façon à ce que les scènes restent claires en utilisant des pronoms personnels et des sobriquets.

Je me suis également lancée dans une histoire que j’ai finalement abandonnée. Elle avait pris un tournant qui me dérangeait… Je me suis forcée quelques jours, mais je n’avançais pas. Et puis j’ai compris : il faut rester soi-même, écrire ce qui nous plaît. Parce que si je n’aimais pas mon histoire, je n’arriverais pas à la faire apprécier. Il faut donc s’amuser. Et autant lorsque je travaille, je suis concentrée, autant lorsque je me relis, je m’amuse ! Je me surprends, je rougis même ! Ma pudibonderie est parfois mise à rude épreuve ! (Mon correcteur ne connaît pas ce terme de pudibonderie, je pense que même lui ne s’attendait pas à moi !)

Fierté…

J’étais fière lorsque j’ai terminé mon premier texte ! J’avais atteint mes objectifs même si l’histoire n’était pas crédible. Mais une histoire reste une histoire après tout !

J’ai également adoré retrouver cette sorte de transe, celle que je ressens lorsque je crée. C’est une détente absolue, une évasion. Et ensuite, vient la satisfaction de la tâche accomplie. La création tangible produite de mes mains. Alors j’ai eu envie de la partager… Et de recevoir des avis.

Deux autres nouvelles sont sorties de mon imagination au cours des deux semaines suivantes. J’ai fait quelques recherches et j’ai découvert le site monBestSeller*. C’était anonyme et je ne prenais que très peu de risques en exposant mes modestes textes, alors j’ai tenté l’aventure. J’ai publié ma première nouvelle.

Questions…

J’ai ensuite commencé à me poser des tas de questions : le classement était-il fiable ? Qui dit clic sur un texte, ne dit pas lecture jusqu’au bout, ni même appréciation du texte !

Et pourquoi ne recevais-je aucun commentaire ? Je supposais que les lecteurs ne souhaitaient pas se faire remarquer pour leurs lectures roses. Ou peut-être qu’ils étaient trop polis pour me dire qu’ils n’aimaient simplement pas mes textes ! J’appris alors qu’il y a une sorte d’accord tacite entre les auteurs. Si on les lit et qu’on les commente, alors ils viendront également commenter. Soit, je m’y attelais. Mais, prise par le temps (vie personnelle et autres obligations obligent), je devais me concentrer sur les textes relativement courts. Si je commence une lecture, je vais au bout !

Certains auteurs ne jouent pas le jeu et ne prennent ni la peine de répondre ni de visiter.

Ah oui ? C’était comme ça ? Alors je décidai de provoquer les lecturesMultiplier mes textes augmenterait mes chances d’être commentée. C’est mathématique ! Je publiai donc une seconde nouvelle.

Je surveillais régulièrement le classement. Les vues augmentaient ! J’attendais des étoiles ! Et j’ai fini par en recevoir une ! Une seule sur cinq. C’était un avis négatif, pas une critique. J’encaissais. Je croyais pouvoir ouvrir le débat, comprendre ce que l’on reprochait à mon texte ! Mais je n’ai pas eu d’explication.

Et puis un matin, je découvris un commentaire au sujet de mes fautes d’orthographe. Un comble pour quelqu’un qui attache tellement d’importance à cela. Je pense que l’on perd en crédibilité lorsque l’on fait des fautes. Je me sentais humiliée. Bon, je l’avais cherché en m’exposant ainsi. Bonne joueuse, je lisais ensuite les nombreux autres commentaires et découvris un échange verbal bien houleux, et somme toute, bien divertissant. Donc les auteurs aussi se chamaillent ! Dans les jours suivants, je compris qu’un commentaire négatif peut en amener un autre… Certains auteurs se soutiennent. L’un d’entre eux m’a même indiqué qu’il ne m’avait pas lue, mais qu’il faisait confiance à son camarade ! Ce qui ne l’avait pas empêché de participer aux dits échanges houleux sur ma page !

Les étoiles perdaient donc tout intérêt pour moi… J’étais déçue. Mais je compris alors que le classement ne pouvait pas se faire à partir des étoiles. Et si on forçait le lecteur à commenter ?! Il n’y aurait plus personne pour lire !

Je gagnais des places. J’étais dans le top 100 ! Le top 50 ! Le top 30 ! Et j’apparaissais dans le tableau d’accueil rubrique Les succès du mois ! Je continuais. Ils vont me virer ! Me disais-je. Je peux créer autant de comptes que je veux ?! Oups ! Ils vont le regretter !

Mais c’est un piège : plus de nouvelles impliquent plus de commentaires à répondre (moi qui me plaignais de n’en avoir pas assez !), plus d’œuvres à lire, de critiques… De travail donc !

J’ai gardé mes meilleurs textes pour moi. Mon style s’affine à force d’écrire, et aussi grâce aux critiques ! Parce que certaines sont fondées, d’autres sont personnelles mais compréhensibles, d’autres, enfin, doivent simplement être oubliées. On ne peut pas plaire à tout le monde ! Et les compliments aussi sont présents : mes écrits sont donc légitimes ! Et les encouragements m’ont portée, rassurée quand j’en avais besoin. J’ai bien conscience que je n’écris pas de la « grande littérature » … Mais ce n’est pas mon objectif. J’essaie simplement de toucher les personnes qui, comme moi, n’ont pas trouvé leur bonheur (je m’enflamme un peu là !) ailleurs. Et je sais à présent que mon public n’est pas celui de mon voisin !

Réponses !

Je suis toujours quémandeuse de conseils… Ça me rassure, je crois. J’essaie de vérifier que je fais bien. Mais parfois, c’est difficile. Certains se sentent au-dessus des autres, peut-être à raison, mais ce n’est pas ce qui importe. Je suis auteur puisque j’écris, mais cela ne fait pas de moi un écrivain ! Il ne faut pas se laisser impressionner. Qui se cache derrière les pseudos ? Ce sont peut-être des auteurs à succès, ou, à l’inverse, des malotrus qui s’amusent ? Hommes, femmes, jeunes, vieux ? Ici, finalement, nous sommes tous au même niveau, débutants ou non !

Il y a bien quelques conseils à prendre en compte et j’en ai reçu. J’en remercie sincèrement leurs auteurs. Voici dans le désordre les conseils et découvertes que j’ai pu faire : ne pas écouter toutes les critiques, savoir à qui on s’adresse, quel est notre public, soigner l’orthographe, lire, beaucoup et de tout… Prendre du recul, demander des précisions. Rester soi. Être respectueux et bienveillant (comme partout !) même si, souvent, on a envie d’envoyer des pierres plutôt que des mots !

Apprendre des dits et des non-dits parce qu’il y a parfois des choses sous-entendues dans les commentaires.

Ne pas oublier que mes écrits sont mon œuvre, mais ne me caractérisent pas entièrement. Parce qu’écrire, c’est se livrer… En pâture ! Mais les critiques ne sont pas personnelles.

Se poser des questions encore et toujours… Mais avancer et prendre de la distance…

Et maintenant ?

J’ai peur de redescendre dans le classement, de ne plus être visible. Parce que mes jolis textes érotico-irréalistes-romantico-crusmaispasassezseloncertains le méritent ! Certains me plaisent moins, mais d’autres les apprécient ! J’aurais aimé créer le monde d’Harry Potter. Mais c’est déjà fait ! Alors quelles sont mes ambitions ? Vivre sans prétention de mes passions.

Mes histoires s’affinent… Et s’allongent ! Je me trouve de nouveaux défis ! J’ai envie de sortir de l’érotisme, mais est-ce que je ne risque pas de ne plus être lue ? Le cul fait vendre, m’a-t-on dit ! Alors que faire ? Surfer sur ma vague, écrire ce modeste article, et voir où le vent me pousse.

A très vite !

* https://www.monbestseller.com/

 

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Une réponse à « L’érotisme par une pudibonde romantique : mes débuts d’auteure ! »

  1. […] Mon article de la semaine dernière, mon tout premier, expliquait ma vision toute personnelle de l’érotisme. […]

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Je suis

Gwenn A. Elle
Gwenn A. ELLE auteure

Auteure de thrillers psychologiques et romans sensibles. 11 livres publiés, une plume qui ne vous laissera pas indifférent.

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